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Etudier New York en lycée à l'aide d'un comic book

Publié le jeudi 9 avril 2015 23:31 - Mis à jour le jeudi 9 avril 2015 23:32

En lycée, il peut être intéressant d'étudier ds représentations fantasmées de la ville dans les comic books. Les deux maisons d'édition principales, DC et Marvel, ayant pendant longtemps eu leurs sièges à New York (DC étant progressivement en train de migrer vers la Californie), c'est souvent cette ville qui est représentée en filigrane, en particulier chez les deux plus anciens super-héros, Superman et Batman.

Si Metropolis et Gotham sont supposées être des villes imaginaires, en réalité elles renvoient explicitement à New York mais pour en montrer des aspects différents. Metropolis est une évocation du film de Fritz Lang et met en avant Manhattan et le CBD alors que Gotham (surnom de New York au XIXème siècle) insiste davantage sur les quartiers industriels enclavés.

Le comic Man of Steel, bien qu'ancien (1986), met en avant cette dualité à travers les premières pages des épisodes 2 et 3.

On peut ainsi retrouver certains lieux et délimiter des quartiers de New York propres à chacun des deux univers.

La comparaison avec une description issue d'une source différente permet de mettre en évidence une organisation socio-spatiale et d'aboutir à un croquis.

A. Bailly, G. Dorel, Amérique du Nord, Géographie Universelle, Belin-Reclus, 1992.

Le centre-ville conserve son poids symbolique et, plus difficilement, une partie de son pouvoir économique [...]. De la banlieue au bureau, après le passage obligé dans les îlots miséreux du ghetto, le commuter, ce migrant de tous les jours, se heurte brutalement au centre-ville. Le contraste est frappant entre la pauvreté des quartiers dégradés de la zone de transition, où vit une population exclue de la société de consommation, et l'opulence des gratte-ciel de la réussite économique. La multiplication, dans une aire privilégiée, le CBD, d'immeubles aux styles architecturaux hétéroclites, traduit la puissance économique des grandes entreprises. À chaque époque son style [...]. Le verre se substitue à la pierre, faisant passer les immeubles du style néogothique ou grec ancien au postmoderne contemporain. Récemment, de nouvelles possibilités architecturales donnent des formes plus élancées, des éclatements de façades colorées. Banques, assurances, chaînes hôtelières rivalisent par leur architecture, leur volume et leur luxe. Les enseignes lumineuses rappellent ces noms qui marquent les grands centres-villes : Prudential, Hilton, Sheraton... Pour permettre aux employés et aux congressistes de consommer, les rez-de-chaussée des immeubles s'ouvrent aux commerces: fast-food aux enseignes standardisées des chaînes de toutes sortes, cinémas, théâtres, boutiques de vêtements constituent ce paysage fabriqué que l'on retrouve d'un bout à l'autre de l'Amérique. Le centre-ville porte les signes d'une société conditionnée pour consommer [...]. Le contraste est pourtant brutal entre le luxe de ces édifices privés et les espaces publics, souvent mal entretenus. Sortir d'un gratte-ciel ou du salon luxueux de l'hôtel, c'est être exposé à la ville et à ses risques. Sur les trottoirs défoncés errent, surtout la nuit, les exclus de la société urbaine; l'extérieur devient synonyme d'insécurité, par opposition à l'intérieur confortable des immeubles. La population urbaine centrale change d'ailleurs rapidement entre le jour et la nuit : à 17 heures sortent les cols blancs, progressivement remplacés par une population nocturne, beaucoup plus colorée, issue des ghettos voisins […]. La ville se met à respirer le danger […]. Le centre est fait d'une mosaïque d'activités, chacune ayant sa place de choix. Et, lorsque la nécessité se fait sentir, le centre déborde sur le ghetto voisin, qui à son tour envahit la proche banlieue, selon ce mouvement d'invasions successives si bien analysé par l'école de Chicago. Et l'agglomération continue à s'étendre en tache d'huile, repoussant ghettos et banlieues.

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